The Handmaid’s Tale – Margaret Atwood

« It isn’t running away they’re afraid of. We wouldn’t get far. It’s those other escapes, the ones you can open in yourself, given a cutting edge. »

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Titre
: The Handmaid’s Tale
Auteur : Margaret Atwood
Editeur : Vintage Classics
Date de publication : 2016

Note : 5/5

Ce roman est également disponible en français sous le titre La servante écarlate, publié chez Robert Laffont.

1
Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’Etat, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Evangile revisité. Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom.

2

 coup-de-coeur
Alerte coup de coeur international ! J’étais curieuse de découvrir ce roman, dont on parle beaucoup depuis la sortie de la série éponyme. J’ai entendu beaucoup d’avis positifs, et ayant déjà lu plusieurs livres de Margaret Atwood, je me doutais que ce serait à la hauteur de mes attentes.

Le récit est à la première personne, on suit donc l’histoire et les pensées de Offred, Servante chez un Commandant. Au début du roman, le ton est distant, comme si la narratrice prenait du recul par rapport à ce qui lui arrive, comme si elle était résignée et qu’il n’y avait plus d’espoir possible. Des bribes de son passé resurgissent de temps en temps, mais rien ne nous est clairement expliqué. Il faut attendre presque la moitié du livre pour que la narratrice se présente, et encore quelques chapitres avant que la situation ne nous soit exposée.
Puis au fur et à mesure que les pages se tournent, Offred se livre de plus en plus, et évolue. A partir de sa rencontre avec Ofglen, une petite étincelle de rébellion s’allume, et ne cessera de grandir. Attention, on n’est pas dans un roman où l’héroïne sauve tout le monde, ce sentiment de rébellion reste très profondément enfoui dans le coeur d’Offred. Elle reste quelqu’un d’égoïste, attachée à sa propre survie. Dans la dernière partie du roman, elle cède peu à peu à la panique et on le sent très bien à ses propos de moins en moins cohérent.

L’atmosphère est pesante, et tout comme Offred, j’avais le sentiment d’être oppressée. Les Servantes n’ont pas le droit de regarder les hommes dans les yeux, pas le droit de lire, de tricoter…. Elles ne sont, comme l’a si bien dit la narratrice, que des utérus sur pattes. Leur rôle est d’assurer une descendance aux humains, et rien d’autre.

Margaret Atwood développe parfaitement sa thématique féministe : à une époque où les femmes militent encore pour garder le contrôle sur leur corps, où elles pensent que certaines choses étaient acquises pour de bon (leur indépendance notamment), le système politique et la conjoncture de la société leur retire tout, elles perdent tout ce pour quoi elles se sont battues.

Je n’ai pas pu m’empêcher de m’identifier à l’héroïne, qui est à la fois résignée et se questionne en même temps. Comment réagir si une chose pareille se produisait ? Parce que, bien qu’écrit dans les années 80, ce roman résonne avec une grande justesse dans notre société actuelle. Surtout au niveau de la condition des femmes, quand on voit que dans certains pays, le droit à l’avortement par exemple, est questionné, réglementé de manière absurde, voire inexistant.

La Servante écarlate m’a beaucoup touchée, remuée, horrifiée, questionnée… Je ne suis pas ressortie indemne de cette lecture. Et maintenant, je vais me plonger dans la série !