Comment l’amour empoisonne les femmes – Peggy Stastre

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Titre 
: Comment l’amour empoisonne les femmes
Autrice : Peggy Stastre
Editeur : Anne Carrière
Date de publication : 2018
Prix : 16 euros
(180 pages)

Note : 1/5

1

Un boulet conglomérant l’amour, le bonheur familial, la réussite conjugale ; toutes ces notions dont se gargarisent une énorme majorité de femmes lorsqu’elles font la liste de leurs priorités existentielles. Comme si la normalité, quand vous êtes dotée d’ovaires, était de mettre l’amour en tête de votre liste et au coeur de votre quotidien. D’investir un temps et une énergie incroyables à la tenue de ce poste budgétaire vital. Et de souffrir le martyre quand le retour sur investissement en vient à trahir vos espérances. Toute déviation de cette norme, toute trajectoire alternative seront vues d’un sale oeil, a fortiori par un point de vue féminin. Le problème, c’est que l’amour, quand il vire au toxique, est autant la justification des hommes qui battent que des femmes battues qui restent. Il est le prétexte totalitaire et indépassable des accès de folie, des meurtres passionnels, des tortures conjugales, des truanderies affectives. Il est le carburant des crimes d’honneur, des mutilations génitales, de l’obsession de la virginité et de l’injonction à la pudeur. Il ceint d’explosifs la taille des veuves noires de Tchétchénie, fait partir Monique Fourniret à la chasse aux vierges, allume l’ordinateur de Valérie Trierweiler. Telles des chiennes de Pavlov, les femmes ont été conditionnées à saliver face à l’amour en tant qu’indice d’engagement. Au seuil de sélectivité sexuelle très bas des hommes répond un seuil de sélectivité affectif tout aussi faible chez les femmes : mieux vaut s’accrocher à n’importe quoi que de risquer de n’être accrochée par rien. Le temps semble venu de faire perdre à l’amour ses lettres de noblesse.

2

L’essai m’avait attiré pour son titre. Dans une société où être célibataire n’est pas forcément bien vu, j’avais envie de voir les pistes de réflexion que proposerait l’autrice. Quelle n’a pas été ma déception ! Le contenu du livre n’aurait pas pu être plus éloigné du titre.

L’essai commence pourtant bien. Peggy Sastre explique que l’amour n’existe pas, qu’il s’agit plutôt d’une combinaison d’hormones et de chimie. Ça, d’accord. Mais alors la suite…. J’ai cru devenir folle .

Pour l’autrice, le comportement des femmes est déterminé par leur sexe. Selon elle, le fait que les femmes aient été dominées par les hommes est dû aux hormones, et ce comportement a été tellement bien intégré qu’il fait maintenant partie intrinsèque de nous, grâce à l’évolution.

J’ai dû relire les passages plusieurs fois pour être sûre d’avoir bien compris, tellement ce raisonnement me paraît absurde et réducteur.
Donc, si les femmes sont encore aujourd’hui dans des positions subalternes dans la société, si elles sont moins payées, si elles assument la charge mentale etc, c’est parce qu’elles possèdent… un vagin.
Voilà, mesdames, pas besoin de chercher plus loin, de vouloir faire changer les choses, vous ne pouvez pas. Et puis, les féministes sont des harpies qui n’ont rien compris à la vie.

Bref, vous l’avez compris, dans ce livre, on ne parle pas du tout d’amour, ni de surinvestissement émotionnel ou de solutions, on parle de déterminisme génétique et d’hormones. Le tout appuyé par quantité de chiffres et d’études scientifiques.

Sur ce, je repose mon stylo et je vais enfiler mon tablier, puisque c’est dans mes gènes.

 

6 réflexions sur « Comment l’amour empoisonne les femmes – Peggy Stastre »

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