Why I’m No Longer Talking to White People About Race – Reni Eddo-Lodge

« To be white is to be human; to be white is universal. I only know this because I am not. »

***

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Titre 
: Why I’m No Longer Talking to White People About Race
Autrice : Reni Eddo-Lodge
Editeur : Bloomsbury
Date de publication : 2018
Prix : 10.99 euros
(260 pages)

Note : 5/5

1

Exploring issues from eradicated black history to the political purpose of white dominance, whitewashed feminism to the inextricable link between class and race, Reni Eddo-Lodge offers a timely and essential new framework for how to see, acknowledge and counter racism. It is a searing, illuminating, absolutely necessary exploration of what it is to be a person of colour in Britain today.

2Au programme du bookclub féministe Our Shared Shelf en début d’année, ce livre me tentait depuis un bout de temps. Le titre en dit déjà long sur le contenu, « pourquoi je ne parle plus de race aux Blancs », si on devait le traduire en français.
Ce livre a été une grosse claque pour moi. Je savais que je sortais de ma zone de confort, mais je ne pensais pas être aussi aveugle. Heureusement, il y a des autrices comme Reni Eddo-Lodge ou Chimamanda Ngozi Adichie pour m’ouvrir les yeux.

Dans cet essai, Reni Eddo-Lodge aborde la question de la race, et surtout des Noirs, des relations entre Noirs et Blancs, en Grande-Bretagne. Il est vrai que quand on parle racisme/esclavagisme, on pense tout de suite aux Etats-Unis : aux plantations de cotons et la ségrégation qui a sévi là-bas. Or, nous explique Reni Eddo-Lodge, cet automatisme nous laisse penser que les problématiques racistes ne sont légitimes qu’Outre-Atlantique, alors qu’il n’en est rien.
La Grande-Bretagne a elle aussi joué un rôle majeur dans l’esclavagisme et n’est pas en reste en ce qui concerne le racisme. En lisant le premier chapitre consacré à l’histoire en Grande-Bretagne, j’ai réalisé que ce pays, aussi grunge et libéré soit-il, repose sur un fond de racisme.
Je suis tombée des nues. Les propos de l’autrice, étayés par une argumentation claire et des chiffres récents, ont ébranlé mes convictions. Et ce tout au long du livre.

Reni Eddo-Lodge aborde de nombreuses thématiques qui touchent au problème de la race et mets les mots sur des phénomènes auxquels je ne pense pas forcément en tant que femme Blanche : le « white privilege » ou le privilège des Blancs en français, qui consiste à avoir des avantages majeurs dans la vie grâce à une peau blanche (avantages sociaux, professionnels, relationnels…) ;

“White privilege is an absence of the consequences of racism. An absence of structural discrimination, an absence of your race being viewed as a problem first and foremost.”

***

“When I talk about white privilege, I don’t mean that white people have it easy, that they’ve never struggled, or that they’ve never lived in poverty. But white privilege is the fact that if you’re white, your race will almost certainly positively impact your life’s trajectory in some way. And you probably won’t even notice it.”

La « color-blindness » ou être aveugle à la couleur en français, tout simplement ignorer la différence de couleur de peau. Si cela peut paraître être la meilleure solution pour rester sur un pied d’égalité, Reni Eddo-Lodge explique qu’en fait, cet aveuglement n’aide en rien la lutte contre le racisme, bien au contraire. Pour elle, il faut voir les différences, reconnaître les races pour pouvoir éradiquer le racisme. 

“Not seeing race does little to deconstruct racist structures or materially improve the conditions which people of colour are subject to daily. In order to dismantle unjust, racist structures, we must see race. We must see who benefits from their race, who is disproportionately impacted by negative stereotypes about their race, and to who power and privilege is bestowed upon – earned or not – because of their race, their class, and their gender. Seeing race is essential to changing the system.”

Dans le chapitre sur le féminisme, Reni Eddo-Lodge aborde la question de l’intersectionnalité. Le féminisme, pour être réellement ancré dans l’égalité des sexes, doit prendre en compte toutes les femmes : qu’elles soient Noires, Blanches, lesbiennes, trans, etc, toutes les différentes « sections » de femmes doivent être écoutées et représentées. Le féminisme intersectionnel n’est pas vieux, puisque le terme a été utilisé pour la première fois dans les années 1990. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille fortement l’article des Glorieuses sur le féminisme intersectionnel.

Je pourrais continuer à écrire des tartines sur cet essai. Il m’a fait énormément réfléchir, me remettre en question. C’est une lecture que je trouve essentielle, dans laquelle Reni Eddo-Lodge parle avec franchise de sujets qui sont encore tabous aujourd’hui, notamment concernant la race.

10 réflexions sur « Why I’m No Longer Talking to White People About Race – Reni Eddo-Lodge »

  1. Ce qui me dérange un peu par contre c’est le mot « race »… Les races n’existent pas, ou du moins n’existent plus depuis des millions d’années. La seule race existante aujourd’hui est la race humaine, et c’est tout. Donc c’est pas vraiment correct de parler de « races » pour désigner les différentes ethnies selon moi.
    Enfin à part ça, ce livre a l’air plutôt intéressant.

    Aimé par 1 personne

    1. Je comprends, moi aussi ça me fait grincer des dents. Mais en anglais, iels emploient le mot « race » pour parler du racisme, donc j’ai essayé de le traduite pour véhiculer aux mieux les propos de Reni Eddo-Lodge.
      On parle de plus en plus de « race » en français, ou de personnes racisées. Ce n’est pas un sujet que je maîtrise, donc je prends beaucoup de pincettes et j’essaie d’en apprendre toujours plus pour arriver à parler de racisme. Si tu veux aller plus loin que le livre de Reni Eddo-Lodge, je te conseille le podcast Kiffe ta race, qui déconstruit très bien le racisme systémique 🙂

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  2. Oui c’est vrai que c’est plus simple pour traduire 😂
    Après personne racisées ça me dérange moins, c’est surtout le mot « race » parce que ça une connotation plutôt négative je trouve et puis c’est pas pertinent vu que les races n’existent plus. Mais voilà.
    J’écoute ce podcast d’ailleurs, et je le trouve très intéressant et complet !

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