Un lieu à soi, où de l’importance d’avoir son propre espace et son indépendance

Un lieu à soi est une transcription écrite d’une série de conférences qu’a donné Virginia Woolf en 1928. Le sujet était « Les femmes et la fiction« . Quelle claque ! Ce livre, en plus d’être un classique de la littérature féministe, est absolument génial !

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Un lieu à soi
Virgnia Woolf
Denoël
2016
13 euros / 176 pages
Note : 4/5

 

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Un lieu à soi rassemble une série de conférences sur le thème de la fiction et des femmes que Virginia Woolf prononça en 1928 à l’université de Cambridge. Ce vaste sujet a donné naissance à une tout autre question, celle du lieu et de l’argent, qui donne son titre à l’essai : «Une femme doit avoir de l’argent et un lieu à elle si elle veut écrire de la fiction.» À la manière d’un roman, et s’appuyant sur l’histoire littéraire, Virginia Woolf retrace ainsi le cheminement qui l’a conduite vers cette célèbre thèse, qui reste incontournable de nos jours.

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Un lieu à soi est une transcription écrite d’une série de conférences qu’a donné Virginia Woolf en 1928. Le sujet était « Les femmes et la fiction« .

Dans son introduction, Marie Darrieussecq explique pourquoi elle a revu la traduction du titre de l’essai de Virginia Woolf. Elle a choisi de remplacer « Une chambre à soi » par « Un lieu à soi ». Cela peut paraître insignifiant, mais je trouve au contraire que la symbolique est très forte.
En anglais, « a room » désigne « une pièce« . Pourquoi cantonner la femme à la chambre plutôt qu’à un lieu qui lui serait propre ? Un lieu qui pourrait être un bureau, une bibliothèque, un salon…
Vous l’aurez compris, Marie Darrieussecq donne le ton. J’ai été ensuite suspendue à la plume de Virgnia Woolf jusqu’à la toute dernière phrase.

L’autrice le dit dès le début, elle a choisi de donner cette conférence en décrivant tout le cheminement de ses pensées par rapport au sujet qui lui a été donné. Cela se ressent complètement dans la manière dont est écrit l’essai.
J’ai eu l’impression d’être dans la tête de Virginia Woolf. C’est une expérience assez fascinante ! 

Elle part d’un premier questionnement sur ce qui unit les femmes et la fiction : leur place dans les oeuvres de fiction, dans la rédaction d’oeuvres de fiction, leur visibilité et leur légitimité dans la sphère littéraire… Son analyse est très riche ! Je me suis moi-même surprise à me questionner sur des faits qui ne m’avaient jamais vraiment marqués. 

A l’époque, très peu de fictions étaient écrites par des femmes. Virginia Woolf en fait un bref historique : les noms de femmes autrices étaient quasiment absents des bibliothèques jusqu’au XVIIIe siècle.
Ce n’est qu’à partir du XIXe que certaines femmes commencent à braver les interdits et à écrire coûte que coûte, créant ainsi un chemin pour les suivantes. Plusieurs noms reviennent souvent : Charlotte Brontë, Jane Austen, George Elliot.
Virginia Woolf leur accorde toute son admiration pour avoir été les figures de proues d’une littérature plus féminine.

Elle reproche aux hommes et à la société d’être responsables de cette apparition tardive et fragile des femmes dans la fiction. Longtemps, elles n’ont pas eu accès à une éducation littéraire. On les cantonnait à des tâches ménagères ou à la maternité. Difficile donc pour elles d’écrire sans avoir de temps ni de bagage culturel.

Pour Virginia Woolf, tout ce qui est nécessaire à une femme pour écrire sont de l’argent et un lieu à elles. 
De l’argent pour être indépendante et ne rien devoir aux hommes. Un lieu à elles pour être isolées et pouvoir réfléchir en toute tranquillité. 
Dis comme ça, ça paraît être évident, mais à l’époque (peut-être même encore aujourd’hui), une femme ne pouvait pas être seule. Elle n’avait rien qui lui permettait de prendre son indépendance. 

Je vais arrêter ma chronique ici, sinon je pourrais encore en écrire des pages et des pages. Mais en bref, cet essai est brillant ! Un incontournable de la littérature féministe ! En le refermant, je n’ai eu qu’une envie : lire d’autres livres de Virginia Woolf. Découvrir George Elliot. Relire Charlotte Brontë et Jane Austen !

Je remercie les éditions Denoël pour l’envoi de ce livre.

11 réflexions sur « Un lieu à soi, où de l’importance d’avoir son propre espace et son indépendance »

  1. Donc c’est une nouvelle traduction d’une chambre à soi ? J’aime beaucoup ce nouveau titre. Je ne m’étais jamais penchée dessus parce que les avis ne m’avaient pas donné envie mais le tien change tout. Alors hop, j’ajoute ce titre à ma wishlist. Merci !
    (Et je viens d’apprendre que George Elliot est une femme ! Je ne savais pas du tout que l’auteur (autrice donc) de Middlemarch était une femme !)

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, c’est une traduction qui date de 2015. Et franchement l’introduction m’a intriguée. Je me suis dit « mais oui, elle a raison, pourquoi cantonner la femme à une chambre ? » C’est là qu’on voit qu’une traduction peut changer beaucoup de choses ^^
      Je suis ravie que ça te donne envie de le lire ! C’est vraiment un super livre.
      Et figure toi que j’ai découvert aussi que George Elliot était une femme !!! Shame on me… Mais merci Virginia Woolf !

      Aimé par 1 personne

  2. Un chef d’oeuvre, plein d’humour mais aussi une vision très fine et moderne….. J’adore Virginia Woolf, la femme, l’écrivain, je viens de finir son Journal d’un Ecrivain que je lisais un peu chaque jour….. un régal sur son travail….. 🙂

    Aimé par 1 personne

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