Too fat, too slutty, too loud… ces femmes qui n’entrent pas dans les cases

Cet essai m’a surprise par la clarté de l’analyse de l’autrice. A travers le portrait de femmes célèbres qui sortent des sentiers battus, elle oppose l’absurdité des stéréotypes concernant l’image de la femme.

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Too Fat, Too Slutty, Too Loud : The Rise and Reign of the Unruly Woman
Anne Helen Peterson
Scribner UK
2017
13 euros (relié) / 304 pages
Note : 4/5

 

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You know the type: the woman who won’t shut up, who’s too brazen, too opinionated—too much. Sometimes she’s the life of the party; other times she’s the center of gossip. She’s the unruly woman, and she’s on eof the most provocative, powerful forms of womanhood today.
There have been unruly women for as long as there have been boundaries of what constitutes acceptable « feminine » behavior, but there’s evidence that she’s on the rise–more visible and less easily dismissed. In Too Fat, Too Slutty, Too Loud, Anne Helen Petersen uses the lens of “unruliness” to explore the ascension of contemporary pop culture powerhouses, from Serena Williams to Kim Kardashian to Hillary Clinton. Petersen explores why the public loves to love (and hate) these controversial figures, each of who has been conceived as « too » something: too queer, too strong, too honest, too old, too pregnant, too shrill, too much.

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Dans l’introduction, Anne Helen Peterson explique que c’est l’élection de Trump qui a été l’élément déclencheur dans l’écriture de ce livre. Face à un homme misogyne, raciste et homophobe (et on en passe et des meilleures), elle a voulu parler de ces femmes qui sont critiquées, décrédibilisées parce qu’elles sortent des rôles que la société attend d’elles.

Elle trace le portrait de femmes considérées comme « unruly« , c’est-à-dire indisciplinées (si on fait une traduction littérale). A travers chacune d’entre elles, elle balaie différents domaines, allant du sport à la politique, en passant par la musique, la littérature et le cinéma. Elle propose à chaque fois une analyse et une critique de la société, et confronte l’image stéréotypée qu’on peut avoir de la femme : douce, tendre, petite, fragile, silencieuse.

Par exemple, dans le sport, Serena Williams excelle. Mais elle est très critiquée pour son attitude agressive sur le court de tennis, sa musculature développée, sa puissance et sa couleur de peau. Anne Helen Peterson soulève le paradoxe de sa situation : on attend normalement d’une athlète qu’elle soit forte dans son domaine, ce qui engendre le développement d’une musculature en adéquation avec sa pratique… tout en restant « féminine« . Absurde !

Anne Helen Peterson parle aussi de Melissa McCarthy, actrice connue pour ses rôles de femmes grosses et grandes gueules. Elle fait peur aux gens, parce qu’elle ne rentre pas dans le moule. Mais les gens se rassurent lorsqu’elle est décrite comme une mère douce et aimante dans sa vie privée. *lève les yeux au ciel*

J’attendais le chapitre sur Nicki Minaj avec appréhension et curiosité. C’est une femme que j’ai du mal à cerner, que j’admire et craint à la fois pour l’image qu’elle renvoie. Elle fait partie des rares femmes à être un des poids lourds du rap américain, dans un domaine très misogyne et dominé par les hommes. L’analyse proposée par Anne Helen Peterson est juste et étayée.

Le chapitre qui m’a le plus captivée, à ma grande surprise, est celui sur Kim Kardashian, dans lequel l’autrice aborde la thématique de la grossesse et la manière dont le corps des femmes est perçu à ce moment là.
Avant, le « baby bump » devait être caché. C’était considéré comme honteux de montrer son corps distendu par la grossesse. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Mais une pression pèse toujours sur les épaules des femmes enceintes : elles doivent renvoyer une image de future mère rayonnante et épanouie pendant la grossesse, et retrouver la ligne immédiatement après avoir accouché. C’est une vision lisse et utopique, une grossesse ne se déroule pas toujours dans des conditions idéales. C’est encore une attente absurde concernant les femmes !

Bref, je pourrais continuer à analyser chaque chapitre tant ils sont riches et intéressants ! Anne Helen Peterson écrit avec justesse et finesse. J’ai vraiment apprécier lire son analyse féministe à travers les portraits de ces femmes célèbres. Cela permet d’ancrer son argumentation dans la réalité. Un très bon essai !

7 réflexions sur « Too fat, too slutty, too loud… ces femmes qui n’entrent pas dans les cases »

  1. Ton article m’a tellement donné envie que je pense me l’acheter rapidement, le fait d’analyser des comportements de femmes souvent critiquées je trouve ça très intéressant. J’adore Nicki Minaj en tant que rappeuse je la trouve exceptionnelle mais c’est vrai que je ne sais jamais quoi penser de l’image qu’elle renvoie (bon après elle fait ce qu’elle veut hein ^^)

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