La proie, un récit bouleversant

La proie est un roman coup de poing, qui ne m’a pas laissée indemne. J’ai eu du mal à en écrire la chronique, tellement j’en ai gardé une forte impression. Ce roman fait partie de ceux qui restent en mémoire, bien longtemps après l’avoir refermé.

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La proie
Philippe Arnaud
Sarbacane
2019
16 euros / 272 pages
Note : 4/5

 

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Anthéa sent si souvent qu’il faudrait fuir. Fuir les manoeuvres des garçons que sa beauté fascine. Fuir les humiliations de l’école, la violence des adultes. Et ce couple de Blancs qui veut l’emmener avec elle en France, si loin du Cameroun… sont-ils vraiment la chance qu’imaginent ses parents ? En vérité, Anthéa ne demandait rien d’autre que vivre chez elle, dans son pays. Travailler la terre, conter aux enfants les histoires de son village, rire avec Diane du monde des adultes. Quand l’étau se resserre, il ne lui reste plus pour l’aider à survivre – et à se battre – qu’une ombre familière dans ses rêves. Et le souvenir d’un garçon qui l’aimait.

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La proie est un roman coup de poing, qui ne m’a pas laissée indemne. J’ai eu du mal à en écrire la chronique, tellement j’en ai gardé une forte impression. Ce roman fait partie de ceux qui restent en mémoire, bien longtemps après l’avoir refermé.

On découvre Anthéa, l’héroïne, lorsqu’elle n’est encore qu’une enfant. Puis on la voit grandir. Elle a du mal à s’en sortir à l’école, mais s’épanouit dans les travaux qui demandent de l’imagination. Elle fabrique des figurines miniatures en terre glaise, invente des contes pour les enfants… C’est une fille raisonnable, discrète et posée. Très vite, je me suis attachée à elle.

L’auteur a très bien su retranscrire le déchirement vécu par Anthéa lorsqu’elle quitte le Cameroun pour la France, avec le couple de Blanc.
D’un côté, elle comprend le désir de ses parents qu’elle réussisse ses études et parvienne à trouver un emploi plus tard, mieux payé que le leur. Elle comprend l’idée qu’elle aura plus d’avenir en France qu’au Cameroun. Mais elle regrette amèrement de devoir laisser sa famille, sa culture, son pays derrière elle. Elle n’est pas à l’aise de devoir vivre avec des inconnus, dans une ville inconnue. Même si le couple a des enfants quasiment de son âge, ce n’est pas pareil.

Le résumé ne laisse rien entendre du tournant que prend l’histoire, ce qui m’a permis d’être complètement emportée par les événements, tout comme Anthéa. J’ai vécu avec elle son déracinement, et sa lente descente aux enfers (on ne peut pas qualifier ça autrement). Le famille qui l’accueille se délite petit à petit. Les apparences irréprochables s’effacent pour laisser place à la réalité.
C’est là qu’encore une fois, j’admire l’auteur pour la maîtrise de son histoire. Il enferme peu à peu son héroïne, insidieusement, dans une situation terrible, mais ô combien réaliste. J’ai étouffé avec Anthéa dans cet appartement. Je ne veux pas en dire plus, pour ne pas trop en dévoiler, mais chapeau à l’auteur !

La Proie porte très bien son titre, je m’en suis rendue compte en lisant ce roman. Je pensais que c’était juste parce qu’Anthéa était une jolie fille, et que malheureusement les filles sont parfois perçues comme des proies par les garçons. Mais finalement ce titre cache d’autres possibilités, d’autres interprétations.

Je remercie les éditions Sarbacane pour l’envoi de ce roman, qui m’a bouleversée.

 

 

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