L’importance de la diversité dans la littérature jeunesse et young adult

Ces dernières années, j’ai pu constater un souffle de renouveau dans la littérature jeunesse et YA (abrégée dans cet article par LJYA). Les personnages mis en scène et leurs histoires sont de moins en moins stéréotypés, et ça, ça fait du bien à lire.

Cet article tient plus d’un constat personnel que d’une véritable analyse. Je vous partage mon ressenti, et je serais curieuse de connaître le vôtre sur cette thématique !

Etant ado, je dévorais les livres. J’y retrouvais souvent le même type de personnages : ils étaient blancs et hétérosexuels. Si personnage racisé il y avait, c’était un personnage secondaire. Jamais je n’avais lu de roman où le personnage principal était Noir, ou homosexuel, ou handicapé… Et je n’avais pas conscience que c’était un problème. Pour moi, il était tout naturel que les personnages me ressemblent. Pourquoi en aurait-il été autrement ?

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UN DECLIC

C’est en lisant Entre chiens et loups de Malorie Blackman que j’ai pris conscience de certaines choses. Dans ce roman, les codes de la société sont inversés. Les Noirs sont au pouvoir, et les Blancs aux postes subalternes. Rien que pour ça, ce livre était révolutionnaire dans la littérature jeunesse.

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Et je me souviens d’un détail qui m’a ouvert brutalement les yeux : la couleur des pansements. Ça paraît tout bête dit comme ça, mais quand on parle d’un pansement couleur chair, on l’imagine beige clair. Or, dans le livre, les pansements couleur chair sont noirs, de la couleur de la peau de ceux qui sont au pouvoir.

Triste constat : dans la réalité, les pansements couleur chair noirs n’existent pas. Ils sont beige clair.

UN ETAT DES LIEUX

La LJYA commence petit à petit à se diversifier. C’est un long chemin parcouru, tout comme ça l’a été pour les personnages féminins. On retrouve de plus en plus de livres qui mettent en scène des personnages hors de la norme, c’est-à-dire autres que blancs et hétérosexuels. D’ailleurs, la notion même de norme s’en trouve chamboulée.

La littérature reflète la société. Société qui n’est plus linéaire ou binaire, mais qui comprend aujourd’hui une diversité de situations et d’histoires différentes. De plus en plus, dans la LJYA, on lit les histoires de ces personnages qui sortent des clous. Qui adoptent des modes de vie moins stéréotypés.

Ce changement n’est pas sans quelques remous, parfois positifs. Dans un article du site Lithub, une journaliste explique que l’élection de Trump et sa politique anti-immigrants a donné lieu à une vague de livres YA mettant en scènes des personnages immigrés ou enfants d’immigrés, comme notamment The sun is also a star de Nicola Yoon.

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Les réactions sont souvent positives, mais parfois aussi négatives, reflétant ainsi à quel point la société peut être encore rigide.
Je pense notamment à la polémique autour de l’interprétation du rôle d’Hermione dans la pièce de théâtre Harry Potter et l’enfant maudit. Il a été attribué à Noma Dumezweni, une actrice Noire.
JK Rowling a répondu elle-même aux critiques virulents, selon lesquelles elle diversifiait pour diversifier. Elle a expliqué qu’à l’époque où elle avait écrit Harry Potter, elle n’avait pas conscience de l’importance de la diversité dans la littérature jeunesse.

UNE QUESTION D’IDENTIFICATION

La LJYA permet aux ados de répondre à des questions qu’ielles se posent. A cet âge là, ce n’est pas toujours évident de se tourner vers les adultes pour demander conseil, être guidé.e.s. Ils se réfugient dans les films, les séries ou les livres, qui leur permettent de découvrir des univers différents et d’explorer des thématiques qui les touchent.

Avec la LJYA, il est possible d’aborder des sujets difficiles qui touchent à la famille (absence d’une figure parentale « normale », violences conjugales, viol…), à l’école (harcèlement, résultats scolaires, orientation… ), aux relations avec les autres (amitié, premiers amours, haine…). Cependant, les profils des personnages restent souvent les mêmes.

Le monde n’est pas fait uniquement de personnes blanches, hétéro, cisgenres et occidentales. On ne peut plus ignorer le fait que chacun.e est différent.e : tout le monde doit pouvoir se retrouver dans ce qu’elle ou il lit.
Une ado Noire, un garçon Indien, une lesbienne, un homosexuel, un.e transexuel.le, un.e handicapé.e… Tous doivent pouvoir lire une histoire dans laquelle ils s’identifient aux personnages.
Parce que la normalité, c’est la diversité.

SORTIR DE SA ZONE DE CONFORT

Outre la nécessité de donner plus de visibilité à des communautés qui ont longtemps été ignorées et invisibilisées, il est important pour nous, lecteur.rice.s, de sortir de  notre zone de confort.
Le but des livres est de transmettre des expériences, des histoires, de faire voyager dans des pays réels ou imaginaires, de faire découvrir des nouvelles choses… Ca nous permet de sortir de ce qu’on connaît déjà pour finalement s’ouvrir à une culture, un mode de vie, un environnement différents des nôtres.

J’ai commencé à faire vraiment attention à la diversité dans mes lectures, surtout en jeunesse et young adult. Etant professeure-documentaliste en collège, il est important, je trouve, de faire lire aux élèves des livres diversifiés dans leurs histoires, mais aussi dans leurs personnages.
Je valorise désormais ces livres qui mettent en scène des personnages autres que blancs ou hétérosexuels, voire même cisgenre ( = type d’identité de genre où le genre ressenti d’une personne correspond à son sexe biologique, assigné à sa naissance).

POUR ALLER PLUS LOIN

Quelques articles déjà publiés sur le blog 

Littérature jeunesse & YA

Queens of Geek / The Gentleman’s Guide to Vice and Vertue / Carry On / Asking for it / La sirène et la licorne / Love, Simon / Le journal intime de Cléopâtre Wellington / J’ai égaré la lune / The Hate U Give / Les 5/5 / Inséparables / J’ai avalé un arc-en-ciel 

 

10 réflexions sur « L’importance de la diversité dans la littérature jeunesse et young adult »

      1. Je suis fan d’Anne-Laure Bondoux, Jean-Claude Mourlevat, Clémentine Beauvais ou encore Ruta Sepetys… Dernièrement, j’ai beaucoup aimé Le mot d’Abel ou encore P’tit bout !

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      1. Il faut de la diversité et pas dans le YA ; mais le YA c’est un peu une première porte d’entrée vers la littérature donc c’est un peu primordial dans ce cas précis

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