The House of Mirth, que devient une femme qui refuse de se marier dans les années 1900 ?

J’ai découvert Edith Wharton pendant ma licence d’anglais, en étudiant l’adaptation cinématographique du Temps de l’innocence. J’avais été frappée par les thématiques féministes qui se dégageaient de son oeuvre : l’autrice dénonce une société étroite d’esprit, qui s’évertue à mettre les femmes dans des cases desquelles elles ne peuvent pas sortir. 
The House of Mirth, traduit en français sous le titre Chez les heureux du monde, fait partie des classiques de la littérature américaine et aborde les mêmes thématiques, un peu plus brutalement.

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The House of Mirth
Edith Wharton
Penguin Classics
2012
7.20 euros / 416 pages
Note : 5/5
Traduit en français : Chez les heureux du monde au Livre de Poche

 

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Un après-midi de septembre, à la gare de New York, Mr Selden rencontre par hasard Miss Lily Bart ; elle vient de manquer le train qui devait la conduire chez des amis. Elle accepte de venir prendre une tasse de thé chez l’avocat. C’est l’occasion pour lui de faire une cour discrète à cette jeune femme de vingt-neuf ans, orpheline charmante mais sans argent, qui aimerait faire un riche mariage. Mais, pour elle, cc moment passé seule à seul chez un célibataire est aussi la première entorse aux usages du monde. Evocation brillante de la haute société new-yorkaise, où la richesse ne compte qu’affichée, Chez les heureux du monde fonde son intrigue sur le thème du mariage et de l’ascension sociale qu’il permet. Mais Lily Bart confond la vie et les fausses valeurs auxquelles elle sacrifie son âme…

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J’ai découvert Edith Wharton pendant ma licence d’anglais, en étudiant l’adaptation cinématographique du Temps de l’innocence. J’avais été frappée par les thématiques féministes qui se dégageaient de son oeuvre : l’autrice dénonce une société étroite d’esprit, qui s’évertue à mettre les femmes dans des cases desquelles elles ne peuvent pas sortir. 
The House of Mirth, traduit en français sous le titre Chez les heureux du monde, fait partie des classiques de la littérature américaine et aborde les mêmes thématiques, un peu plus brutalement.

Lily Bart est une jeune femme non mariée, d’une vingtaine d’année. Au début des années 1900, ce n’est pas convenable aux yeux de la société.
A cela s’ajoute une certaine « pauvreté » (je mets des guillements parce qu’elle fréquente tout de même les hauts cercles de l’aristocratie new-yorkaise, mais ne possède pas de rente et vit aux crochets de sa tante) qui la met dans des situations peu aisées.

J’ai aimé cette héroïne qui, bien que sous la pression sociale de son cercle, refuse de se marier. Elle ne veut pas se mettre en ménage avec un homme et devenir une ménagère, une mère. Elle ne veut pas abandonner son indépendance relative et sa liberté de mener sa vie comme elle l’entend.
Mais son refus de se plier aux règles de la société la met en difficulté.
Difficulté financière d’abord, puisqu’elle doit subvenir à ses besoins de manière autonome. Une femme de l’aristocratie ne travaille pas, elle vit donc avec la maigre rente que lui verse sa tante, et essaie de faire fructifier son argent par des jeux de cartes (activité peu recommandable pour une jeune femme !) et par le biais d’hommes qui investissent pour elle (encore une fois, activité peur recommandable pour une jeune femme, d’autant plus qu’elle doit faire face à des demandes de dédommagement des plus incorrectes de la part des hommes en question !)
Difficulté sociale ensuite : une femme seule est vue soit comme une proie par les hommes, soit comme une menace de détruire leur couple par les femmes mariées.

Alors Lily navigue dans cette société étroite d’esprit et hypocrite qu’Edith Wharton dénonce. Elle tente de survivre à sa manière, jonglant entre la bienséance et la nécessité de s’en sortir.
On assiste, impuissant·e, à l’étau qui se ressert autour d’elle. Elle en vient même à envisager d’épouser un homme riche, malgré son rejet du mariage.

La plume de l’autrice est à la fois subtile et incisive. Edith Wharton nous plonge dans la vie bouillonnante de l’aristocratie new-yorkaise, et la décortique avec cynisme. J’aime beaucoup son style. Si certain·e·s lui ont reproché des longueurs, je n’en ai pas trouvé !

The House of Mirth confirme mon envie de découvrir un peu plus de l’oeuvre littéraire d’Edith Wharton. Non seulement, c’est une autrice de talent (elle est la première femme à recevoir un prix Pullitzer en 1921) mais c’est également une femme fascinante. Je pense que le prochain livre que je lirai d’elle sera son autobiographie !

5 réflexions sur « The House of Mirth, que devient une femme qui refuse de se marier dans les années 1900 ? »

  1. C’est mon roman préféré de la littérature anglophone et probablement mon roman préféré tout court. Je l’ai étudié en prépa et ça a été une révélation telle que j’ai piqué à l’héroïne son nom pour en faire mon pseudo sur le net (à un 2e prénom près). J’en entends rarement parler et ça me fait très plaisir de lire ta chronique !

    Aimé par 1 personne

    1. Ca a du être génial de l’étudier en prépa ! Tu dois avoir une vision du livre encore plus fouillée et riche ^^
      Merci pour ton commentaire en tout cas, ça me fait plaisir aussi de voir mon enthousiasme partagé pour ce roman !

      Aimé par 1 personne

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