Libérées ! Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale selon Titiou Lecoq

J’adore Titou Lecoq. C’est aussi simple que ça. Je dévore les articles de cette journaliste féministe sur Slate. Elle n’a pas sa langue dans sa poche et manie l’humour et le sarcasme avec brio ! Avec un titre pareil, on pourrait penser que ce livre ne parle que du ménage et de la répartition des tâches domestiques au sein d’un couple hétérosexuel. Or, Titiou Lecoq part de ce point pour aborder plein d’autres thématiques tout aussi pertinentes.

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Libérées ! Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale
Titiou Lecoq
Le Livre de Poche
2017
7.40 euros / 258 pages
Note : 5/5

 

3« Un jour, je me suis demandée  : pourquoi est-ce moi qui ramasse les affaires qui traînent  ? Je n’ai trouvé qu’une seule réponse. Parce que je suis une femme qui vit avec un homme et deux enfants et que, conséquemment, les corvées, c’est pour ma gueule.
Être une femme, ce n’est pas seulement l’idéal de minceur et de cheveux qui brillent, c’est le souci permanent des autres et du foyer, c’est être sans cesse ramenée à la saleté, aux taches, à la morve.  L’égalité serait déjà là, mais les femmes conservent la conviction intérieure qu’elles doivent s’occuper de tout et tout le monde, et d’elles en dernier, s’il reste cinq minutes à la fin de leur triple journée.
Cette féminisation de la sphère privée implique une autre conséquence  : l’espace public est toujours masculin. Peut-on se dire égaux quand la moitié de la population adapte ses vêtements en fonction des transports et fait attention à ne pas être seule la nuit dans la rue  ? Et si le combat féministe devait encore et toujours se jouer dans la vie quotidienne de chacune et chacun, chez soi, dans sa propre maison, devant le panier de linge sale  ?

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J’adore Titou Lecoq. C’est aussi simple que ça. Je dévore les articles de cette journaliste féministe sur Slate. Elle n’a pas sa langue dans sa poche et manie l’humour et le sarcasme avec brio !

Avec un titre pareil, on pourrait penser que ce livre ne parle que du ménage et de la répartition des tâches domestiques au sein d’un couple hétérosexuel. Or, Titiou Lecoq part de ce point pour aborder plein d’autres thématiques tout aussi pertinentes.

J’ai beaucoup aimé son analyse des différentes situation. Elle parle évidemment de la charge mentale, dans laquelle elle inclut le « self care ».
En effet, pour elle, cette injonction à prendre soin de soi est, pour une femme, une autre pression de la société patriarcale. Elle explique que ces petites routines sensées nous faire du bien , telles que les soins de peau, du corps ou des cheveux, sont en fait des activités sensées nous rendre belles et désirables… aux yeux des hommes ! C’est un angle d’analyse que je n’avais encore jamais envisagé, mais qui fait sens.

Titiou Lecoq explique également que, malgré toute la bonne volonté du monde, la dynamique égalitaire d’un couple hétéro est complètement bouleversée à l’arrivée des enfants. Elle parle d’expérience, puisque c’est ce qu’il s’est passé au sein de son propre couple, alors même que son engagement féministe est très fort.
J’avoue que ce point m’a fait réfléchir. La pression sociétale est tellement forte qu’à partir du moment où une femme devient mère, aussi féministe soit elle, elle n’existe plus en tant qu’individu mais en tant que mère. L’enfant prend alors toute la place.

Le droit au bien-être de l’enfant ne suppose pas une abdication de la mère en tant qu’individu.

Titiou Lecoq lie le fait que les femmes effectuent plus de tâches ménagères à leur exclusion de l’espace public. En effet, ce dernier est constamment occupé par les hommes : il n’y a qu’à voir le harcèlement de rue, les frotteurs des transports en commun.
Les femmes sont de ce fait cantonnées à l’espace privées, qu’elles s’approprient à travers les tâches domestiques.

Le genre est aussi une question très rapidement abordée. La journaliste souligne le fait que les filles soient encouragées à adopter des comportements dits « masculins », mais pas l’inverse. Si un garçon désire porter des chaussettes Reine des neiges ou mettre du vernis, c’est tout de suite beaucoup moins accepté. Comme toujours, tout ce qui a trait au féminin a une connotation négative.

L’essai se conclue avec trois textes en annexe, tout aussi intéressants que la partie principale.
En bref, Libérées ! analyse très bien la question du partage des tâches domestiques, et j’aurais aimé en savoir plus. C’est pour moi une introduction parfaite à cette thématique.
Si vous voulez aller plus loin, je vous suggère également la série de 4 articles Le féminisme à l’épreuve du couple hétéro de Daphnée Leportois.

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